Le lendemain d’avoir vidé mes bureaux, j’avais accepté que mon compagnon Mathieu vienne me voir, parce que nous ne pouvions quasiment plus le faire puisque je travaillais sans cesse. J’étais vraiment très heureux de le retrouver bien sûr. Nous avions eu des conversations sur des sujets divers et il avait fini par me demander si cela ne me dérangeait pas de faire toujours les mêmes choses, et j’avais été surpris par la question mais pas inquiété à ce stade, je lui avais répondu que non. Il avait alors commencé à me reprocher que je ne sois plus là, que je ne sorte pas, que je ne voie pas ses amis, que l’on ne se voie pas assez ou que lorsque c’était le cas, je travaillais ou que nous faisions toujours les mêmes choses à regarder un film ou une série, et je ne parvenais pas à comprendre pourquoi il me reprochait ça. Cela faisait des années que nous étions ensemble, il savait parfaitement qui j’étais, ce que j’aimais ou non, ce qui me dérangeait ou non, donc j’avais du mal à comprendre ces reproches parce que j’étais toujours la même personne et que je trouvais cela vraiment étrange de décider de construire une relation avec une personne qu’on connait sur le bout des doigts pour lui reprocher ce qu’elle est par la suite. Ce n’est pas comme si j’étais devenu une personne différente. Je lui avais répondu bien entendu que cela ne me dérangeait pas du tout, que j’aimais toujours ces choses qu’il me reprochait aujourd’hui. Puis il m’a dit qu’il pensait à 70% ne plus être amoureux de moi. Si cela peut paraitre très bizarre qu’il m’ait donné un pourcentage, il faut comprendre que cela m’aide considérablement pour évaluer et comprendre le niveau et l’intensité d’une information qui m’est donnée. Les personnes qui me connaissent bien ont l’habitude de communiquer ainsi avec moi. Mes collègues me partagent régulièrement leurs émotions sur une échelle de 1 à 10 par exemple, parce que cela m’aide à savoir où ils se situent et comment je dois me comporter avec eux. C’est quelque chose qui est inscrit dans mes relations intimes avec les autres et qui me facilite incroyablement la communication, mais surtout la compréhension, les intentions et l’état émotionnel des autres. J’étais extrêmement surpris que Mathieu ne veuille plus être avec moi parce que nous nous étions mis d’accord qu’il ne me quitte pas durant les trois prochaines années minimum. Non pas qu’il y ait eu un chantage à ce sujet d’aucune sorte, ce n’était pas un accord de cette nature, mais l’année précédente, Mathieu avait eu une période où il m’avait informé de son hésitation à me quitter juste avant que nous partions en voyage tous les deux, et j’avais de toute évidence été très bouleversé par cette nouvelle mais j’avais toujours été respectueux de ses sentiments donc je lui avais laissé le temps et l’espace pour qu’il réfléchisse, c’était un choix important qu’il devait faire lui-même alors j’étais resté en repli et j’avais pris sur moi. Toute cette période avait été extrêmement violente, je patientais et attendais qu’il revienne vers moi avec sa décision, mais quelques semaines étaient passés et son silence, autant le fait de rester totalement dans l’inconnu, m’avaient provoqué des crises autistiques et suicidaires vraiment sévères qui avaient nécessité plusieurs fois l’intervention de mes amis et une fois celle des pompiers. J’avais eu une rechute très violente dans ma toxicomanie avec une overdose où je l’avais vraiment échappé belle, je m’étais réveillé dans mon vomi, couché sur le ventre, et j’avais remercié Dieu – pourtant je ne suis pas croyant, mais c’est ce que j’ai machinalement fait ce jour-là – de ne pas avoir perdu connaissance en tombant sur le dos parce que je me serais noyé dans mon vomi. Son hésitation vis-à-vis de moi m’avait plongé dans une période très sombre mais sans doute parfaitement normale dans la vie d’un couple, c’était juste moi qui n’avais pas du tout les épaules pour gérer cette situation. C’est une bonne illustration de l’asymétrie basique dans les relations entre neurotypique et neuroatypique. Nous traversons les mêmes étapes, vivons les mêmes circonstances, avons les mêmes problèmes, mais nos curseurs et nos ressentis ne sont clairement pas les mêmes, malheureusement. Finalement nous étions bien partis en voyage ensemble et cela s’était globalement très bien passé, même si je pleurais constamment dans les toilettes parce qu’il ne m’avait toujours pas dit s’il voulait que nous restions ensemble ou non. Je sauvais les apparences, je montrais ma meilleure facette et cela fonctionnait bien, il n’y avait eu aucun atermoiement durant le séjour et nous avions pu en profiter pleinement. Avant de rentrer en France, le dernier jour, j’avais atteint ma limite de tolérance, il m’était impossible de prendre sur moi plus longtemps et je l’avais confronté sur ce qu’il voulait vraiment. Déjà, il avait été agacé que je revienne là-dessus en premier lieu parce qu’apparemment, vu les vacances que nous avions passées, pour lui il était clair que tout était résolu et qu’il ne pensait plus à me quitter. Cette réponse ne me satisfaisait pas du tout et je l’avais confronté immédiatement en lui disant qu’il n’était pas question que je sois en couple avec un homme instable et indécis, s’apitoyant sur son couple constamment et qui aurait besoin de partir en vacances une fois par an pour en restaurer l’image. Je n’étais pas à la recherche de conflit, même si cela pouvait en donner l’impression, mais j’étais vraiment brutal sur le fait qu’il fallait résoudre le problème de fond, avec honnêteté, comme nous l’avions toujours été l’un envers l’autre, pour éviter qu’il ne réapparaisse dans le futur. Parce qu’il n’y avait aucun doute que je n’y survivrai pas, et je n’avais aucune intention de rester dans une relation qui me jette dans une insécurité permanente et qui me replonge dans mes addictions, je n’avais pas envie de vivre avec des pensées suicidaires permanentes et/ou de finir par mourir d’une overdose, juste parce que mon compagnon ne savait pas ce qu’il voulait faire de moi. J’avais donc beaucoup insisté pour qu’il verbalise ce qui le rendait si hésitant, et c’est à ce moment-là qu’il avait fini par me dire qu’il avait « peur de passer à côté de quelqu’un de mieux que moi » (il l’avait dit exactement dans ces termes, même s’il a toujours essayé de me convaincre qu’il l’avait dit d’une façon différente, comme s’il culpabilisait de ses mots). Sa réponse m’allait parfaitement. Elle blesserait sans doute beaucoup de monde, ce n’était pas bienséant mais c’était la vérité, et cela m’allait très bien parce que je savais au moins exactement quel était son problème et je pouvais essayer de l’aider à le résoudre. Ce que j’ai fait. Je sais que cela peut paraître complètement stellaire comme interaction avec son compagnon mais c’est ainsi que cela s’est passé. J’avais réfléchi et je lui avais dit qu’il n’y a aucun doute qu’il y ait des personnes meilleures que moi – et croyez moi, ce n’était pas un excès d’humilité, je m’insupporte assez moi-même pour savoir que la majorité des gens vaut mieux que moi -, et que du mien, il n’y avait aucun doute que je rencontrais tous les jours des hommes bien mieux que lui, que cela serait toujours le cas et que c’était lié à notre besoin profond de réactiver notre excitation et nos niveaux de dopamine, c’est juste la réalité biologique de nos gênes et instincts d’Homo Sapiens, il n’y avait aucune raison que je nie la source de son hésitation parce qu’elle me paraissait parfaitement normale. Je lui avais dis que ce serait présomptueux de ma part de lui dire que parmi ces gens, il n’y aurait pas quelqu’un qui effectivement le rendrait plus heureux, et que je n’allais certainement pas lui faire un numéro pour le convaincre de combien « moi » j’étais meilleur que tous les autres, c’était perdu d’avance. Mais je lui avais expliqué méthodiquement pourquoi de mon côté j’avais décidé de rester avec lui, malgré les déceptions et tentations, et tous les autres hommes dans ma vie. Que je savais exactement les raisons précises pour lesquelles j’étais tombé amoureux de lui. Parce que je savais qu’il ne me mentirait jamais. Parce que je savais que nous avions une histoire très significative pour chacun d’entre nous et que nous nous étions sortis mutuellement de différents enfers, que cette histoire-là, elle n’appartenait qu’à nous, qu’elle était inaltérable et inestimable. Parce que je savais que je pouvais compter sur lui pour affronter tout ce que la vie me jetterait au visage. Parce qu’il était fiable et avait enduré à mes côtés tout ce que j’avais traversé ces dernières années. Parce que je comprenais très bien le besoin de stabilité affective et de sécurité matérielle dont il m’avait dit avoir manqué toute sa vie et que je partageais aussi, que je me fichais complètement qu’il voie d’autres hommes tant qu’à la fin de la journée, nous étions là l’un pour l’autre. Parce que nous étions au fond du trou lorsque nous nous sommes rencontrés et que nous nous étions tirés vers le haut, et que personne d’autre ne pourrait prendre cette place dans notre vie. Et surtout, à la fin, parce qu’il partageait les mêmes valeurs et qu’il avait les mêmes objectifs que moi, comme je l’avais durement éprouvé à ces sujets avant d’accepter de m’engager dans cette relation. Que nous pouvions donc nous épauler l’un et l’autre pour construire ce futur ensemble. J’avais fini par lui poser un ultimatum, ce qui était hautement ironique alors que c’était moi sur la sellette, en lui disant que je ne pourrais pas supporter son indécision plus longtemps, que cela me mettait en danger mais que je comprenais qu’il ait besoin de temps pour réfléchir, donc que j’étais prêt à patienter pour sa réponse encore six semaines et qu’au-delà, c’était moi qui le quitterait. Je lui avais dit que si ses valeurs et ses objectifs étaient toujours alignés aux miens, j’étais là et prêt à continuer cette relation avec lui, mais qu’il ne devrait pas prendre cette décision à légère et qu’il devrait l’assumer jusqu’au bout car je ne serai pas capable d’endurer qu’il me refasse vivre cette situation ou qu’il me quitte, que les conséquences seraient trop graves pour moi. C’était lui mettre une grosse pression, largement à mon désavantage, mais je préférais qu’il me quitte sur le champ plutôt qu’il ne me mette en danger dans le futur. Je préférais la stabilité et la clarté avant tout, même au risque de le perdre alors qu’il était ce qui était le plus précieux dans ma vie. Il me connaissait très bien et avait parfaitement compris pourquoi je lui faisais cette ultimatum et le cadre stable que j’exigeais pour nos prochaines années. Je sais que c’est complètement ubuesque pour l’écrasante majorité des gens et que cela va sans doute même à l’encontre de leur définition de l’amour, des émotions, que tout cela est très éloigné de la description très passionnelle ou romantique de l’amour ou de ce sur quoi serait censé reposer une relation, mais c’est ainsi que je fonctionne. On m’a souvent reproché cette vision. Je ne juge pas les gens pour leur façon de vivre leur relation et j’apprécie peu ces personnes qui me disent tout le temps que je me trompe sur ma façon de vivre la mienne. C’est juste comme ça que je fonctionne, et Mathieu le savait depuis le début et comprenait pourquoi je le mettais face à cette décision. Mes arguments avaient semblé lui faire beaucoup de bien à ce moment-là, j’ai eu l’impression qu’il avait eu un gros déclic, car son comportement avait complètement changé suite à cette conversation. Je pense qu’il avait compris que je ne lui apporterais pas les choses qui lui manquaient mais que je lui donnais d’autres choses qui avaient tout de même de la valeur. Qu’il était aimé exactement pour ce qu’il était sans compromis, qu’il pouvait compter sur moi pour toujours. Je pense qu’il était repoussé et séduit à la fois par mon pragmatisme, qui peut paraitre aux antipodes du romantisme, mais finalement être capable d’offrir une loyauté et un soutien éternel à quelqu’un, n’est-ce pas extraordinairement romantique d’une certaine façon? Je serai mal avisé pour en juger mais quoi qu’il en soit, il avait vraiment mesuré qu’il devait faire un choix important et s’y tenir, car il m’était totalement impossible de survivre à ces jeux de couple « je t’aime, moi non plus » et à de l’instabilité dans notre relation. Je préférais être en sécurité seul qu’être en danger avec lui. Mon ultimatum était un pur instinct de survie, j’étais parfaitement prêt à ce qu’il me quitte et il savait que j’étais sincère, qu’il n’y avait aucun chantage de ma part car ce que je disais était parfaitement cohérent avec mon être, il n’y avait aucune coercition, j’avais donné mes arguments et j’attendais respectueusement sa réponse, qu’il savait très bien que je respecterai, la balle était dans son camp. Il n’avait pas eu besoin des six semaines que je lui avais proposées pour réfléchir, il m’avait tout de suite répondu qu’il voulait rester avec moi, et j’avais été comblé par sa réponse. Les semaines qui avaient suivi étaient très particulières parce que, comme toujours, j’étais extrêmement lent à assimiler ce qu’il s’était passé, et même s’il avait pris la décision qui me satisfaisait le plus, je pouvais avoir des crises de panique ou de pleurs, et il avait du mal à comprendre que je sois encore « là-dedans » alors que de son côté, il était vraiment à nouveau très investi et confiant dans notre relation, et cela se voyait. Il était un vrai prince charmant et nos moments ensemble étaient géniaux, j’étais heureux mais malgré tout traumatisé par son indécision passée qui m’avait pris par surprise et il m’avait fallu de longues semaines pour parvenir à retrouver à peu près un état normal et accepter que son hésitation était derrière nous. J’avais fini par assimiler sa décision de rester avec moi pour de bon, et j’étais serein. Totalement serein. En des proportions vraiment inimaginables. Nous avions partagé ce que nous avions sur le cœur, dans nos têtes, pesé l’affectif et l’intellect, les pour et les contre, et pris une décision claire qui n’allait peut-être pas durer pour la vie mais plusieurs années au minimum. À partir de là, je n’ai pas imaginé une seule seconde que nous allions nous séparer. Cela ne m’a même pas traversé l’esprit. Alors un an plus tard, lorsqu’il m’a dit qu’il était sûr à 70% de ne plus être amoureux de moi, j’étais bouche-bée. Je ne l’ai pas confronté, je n’ai pas argumenté, je n’ai pas sorti notre contrat « Euh mec, tu t’es engagé à ne pas me faire revivre cet enfer pour les prochaines années ». Au début j’ai essayé de ne rien laisser paraître, j’ai toujours été respectueux de ce qu’il me disait, mais je n’ai pas réussi à me retenir longtemps. J’étais déjà tellement exténué par ma vie. Une vie merdique. Une vie vraiment vraiment très violente, très dure. Je me battais si fort seulement parce que j’avais un objectif. Je parvenais à endurer cet enfer, qui s’était beaucoup intensifié avec la pandémie, parce que je voulais tenir ma promesse envers lui, je voulais réaliser ce futur dont nous parlions ensemble, je voulais être à la hauteur de nos valeurs et objectifs, faire de mon mieux pour le rendre heureux. Je pense que cela est vrai pour n’importe quelle personne en couple qui est amoureuse, je ne suis pas en train de dire que j’ai été plus malheureux ou plus déçu qu’un autre, ce n’est pas du tout ce que je prétends et encore moins ce que j’essaie de communiquer. Ce que je veux dire, c’est que je luttais contre le suicide bien avant Mathieu, et que je luttais contre pendant notre relation aussi, mais qu’il m’a indéniablement, aussi dysfonctionnel et précaire cela soit-il, donné la volonté et la force d’endurer un peu plus longtemps cet enfer. Il a prolongé significativement mon espérance de vie. Je n’ai jamais manqué de courage dans ma vie mais j’ai toujours manqué de sens. Pas dans le sens « existentiel » du genre « quête inspirante » pour aimer sa vie. Mais dans le sens d’avoir la moindre raison pour endurer ces souffrances et faire ces efforts. Souffrir pour survivre, ce n’est pas vivre. Très peu pour moi. Cela n’a aucun sens à mes yeux. Et c’est ce qui m’a fait lutter toute ma vie contre le suicide. Cette souffrance injustifiable. Ce besoin de paix impérieux. Vital. Et Mathieu n’était pas la paix, loin de là. Mais il était une bonne raison de souffrir, une bonne raison d’endurer. Parce qu’il m’avait promis d’être toujours là pour moi et je lui avais promis la même chose, et je faisais tout pour honorer cela et le rendre heureux, même si de toute évidence s’il en arrivait là, c’est que je n’y parvenais pas. Il y avait probablement plein de signes qui indiquaient qu’il ne voulait plus de cette relation mais, encore une fois des personnes risquent de me prendre pour un fou en révélant cela, j’étais absolument serein parce que les notes que Mathieu donnait à notre couple restaient dans une moyenne élevée. Oui, tout comme mes amis proches ou mes collègues, je demandais régulièrement à Mathieu de noter notre relation de 1 à 10, pour évaluer où nous en étions et si je devais m’inquiéter de quoi que ce soit. Sa meilleure note était de 9,2 et sa note la plus basse, qui n’était même pas la dernière qu’il m’a donné, était de 7,9. Comme toujours, j’avais prévu tous les scénarios de réponse possible si sa note passait en dessous de 8, de 7, de 6 ou en dessous de 5. Si la note avait atteint la moyenne, cela aurait été la panique totale. De toute évidence, comme toujours, mes capacités de discernement et la façon dont mon cerveau fonctionne ne me permettent pas d’appréhender les scénarios les plus réalistes. Je suis dans un autre univers de spéculations et de statistiques. Et malheureusement, les scénarios arithmétiques sont rarement ceux qui existent dans la nature. Et j’ai beau le savoir, et j’ai beau m’y être cassé les dents toute ma vie, je n’arrive pas à changer le fonctionnement de mon cerveau et lorsque les événements se produisent, alors que tout le monde s’y attendait ou me dira que c’était la suite logique, je tombe des nues, je suis stupéfait, hébété, perplexe. Pourquoi Mathieu me quitterait s’il m’aime plus que la moyenne des gens? C’est impossible. C’est totalement illogique. Je me suis toujours accroché aux statistiques plus qu’aux discours, aux chiffres plus qu’aux émotions, et les notes que me donnaient Mathieu me convainquaient complètement que tout allait bien et que je n’avais aucun souci à me faire, surtout que Mathieu ne m’avait jamais menti et que je ne voyais pas de raison pour lui d’altérer ces notes, même si vu ce qu’il s’est passé, il a certainement dû les hausser pour ne pas m’attrister ou m’inquiéter, ce qui si c’est le cas, faussait complètement l’échelle et l’interprétation que j’en avais, anéantissant le but même de ces notations en premier lieu. De plus, quelques semaines à peine avant de me quitter, il parlait sérieusement de notre projet immobilier à deux, donc même si la période était très difficile à cause du travail, de la pandémie, de beaucoup de choses, mes indicateurs personnels étaient dans le vert. Je n’étais pas du tout préparé à ce qu’il m’annonce cela et je n’avais eu aucun indice, en tout cas aucun de visible dans mon univers. J’étais incroyablement surpris mais j’étais aussi dans une incompréhension totale parce qu’il parlait du fait de ne plus être amoureux de moi et je ne comprenais pas ce que cela voulait dire, car notre relation n’avait jamais été basée sur l’amour jusque là. Il y avait de l’amour, énormément, il n’y a aucun doute, mais nous n’avions pas basé notre relation là-dessus du tout. J’étais complètement déconcerté et je trouvais que la lutte était totalement inégale, qu’il m’était impossible d’argumenter en aucun sens, il n’y avait aucune bataille à mener, parce que ses reproches n’avaient juste aucun sens en fait, ils étaient juste des prétextes pour me communiquer que ses envies avaient changé et que ses valeurs et objectifs n’étaient plus alignés avec les miens. J’étais vraiment stupéfait d’un tel changement, c’était trop abrupt, trop brutal, trop spectaculaire.